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Mon enfant me pousse à bout !

Comment gérer ma colère ?

Dans cet article, je vous parle de la colère en m’adressant plutôt aux parents qui se mettent en colère contre leurs enfants, mais en fait, ce que je vais vous dire, vous pourrez le transposer dans d’autres situations de la vie de tous les jours, qui n’impliquent pas forcément vos enfants.

Pour commencer, je ne vais pas vous surprendre en vous disant que quand on est parent, on fait face à de nombreux challenges avec nos enfants ! Et nos nerfs sont souvent soumis à rude épreuve !

Et si vous me suivez, c’est que vous n’avez pas ou plus envie de vous énerver contre vos enfants, de crier, d’utiliser une éducation punitive et dominatrice.

C’est certainement que ce qui vous intéresse et vous anime c’est d’offrir autre chose à vos enfants, à vous-même et à votre famille.

Pourquoi rester calme ?

Et pour offrir plus de compréhension, de bienveillance à nos enfants, on se dit qu’il ne faut pas s’énerver, ne pas crier, n’est-ce pas ?

Alors, en fait, quelle est l’idée qui se cache derrière ce « il faut » ?

Cela sonne un peu comme une injonction, quelque chose qu’il faudrait absolument faire, donc cela nous met une certaine pression. Donc c’est intéressant de mettre du sens derrière.

Peut-être que vous vous dites qu’« Il faut être calme pour être un bon parent »

Pour ma part, je préfère plutôt que de m’accabler avec les « il faut », de faire mes propres choix et donc d’utiliser le « je choisis ».

Donc j’ai envie de me dire : « Pour être le parent que j’ai envie d’être, je choisis de rester calme »… Le plus possible !

Et on peut se demander, finalement, pourquoi vouloir garder son calme ? Pourquoi est-ce que ce serait la meilleure solution ?

En fait, quand on est calme, on va être possession de nos moyens. On va pouvoir réfléchir et agir de façon respectueuse et constructive, ce qui n’est pas possible quand on est sous le coup de la colère.

Par ailleurs, on dit en général à nos enfants de rester calmes… Et en sachant que nous sommes leur premier modèle et qu’ils apprennent en nous regardant… Est-ce que nous allons leur apprendre à garder leur calme en leur hurlant dessus ?…

Donc en résumé, quand on arrive à rester calme, on est plus efficaces dans nos actions, on va servie de modèle, et on est plus cohérent avec l’idée du parent qu’on a envie d’être.

Pourquoi est-ce qu’on se met en colère avec nos enfants ?

Dans la vie de tous les jours, nos enfants se comportent d’une certaine façon, ils disent et font des choses.

Nous, nous sommes là, avec nos capacités et notre état émotionnel du moment, parfois en forme et patients et parfois non !

Et face à leurs comportements, nous allons parfois nous énerver et être amenés à dire de choses ou avoir des gestes qu’on aurait préféré éviter et qu’on regrette par la suite.

Il peut arriver qu’on se sente soulagé sur le coup après nous être énervés, mais très vite on va s’en vouloir car ce n’est pas le comportement qu’on veut avoir ni celui qu’on veut montrer à nos enfants.

En tout cas, pour ma part, je n’ai pas envie d’être un parent qui s’énerve, qui crie et qui doit crier pour obtenir quelque chose.

En plus, comme je vous le disais tout à l’heure, nous sommes le modèle de nos enfants et en nous voyant faire, ils vont apprendre qu’on obtient ce qu’on veut de cette façon… Ce qui n’est pas vraiment notre objectif n’est-ce pas ?

Mais finalement, la colère, comment ça fonctionne ? du moins, comment on croit que ça fonctionne ?

On peut penser que le comportement de notre enfant déclenche chez nous une émotion désagréable : la colère et cette émotion nous fait réagir de façon incontrôlée : cris, gestes brusques

En partant de l’hypothèse, que c’est le comportement de nos enfants qui sont à l’origine de notre colère, alors, on a seulement deux possibilités si on ne veut pas s’énerver :

  • La première c’est arriver à contrôler le comportement des enfants, pour éviter de ressentir des émotions pénibles liées à leur comportement. Vous vous en doutez, ça va être assez compliqué ! Car les enfants ils ont des pensées d’enfants et des émotions d’enfants, ils ont des comportements d’enfants et ils font ce qu’ils ont envie de faire.
  • La deuxième possibilité ça va être de résister à l’émotion de colère, car on sait que ce n’est pas la bonne solution et qu’on risque de le regretter ensuite. Donc on va essayer d’expliquer calmement les choses alors qu’on n’est pas calme du tout à l’intérieur. Le problème de cette méthode, vous le connaissez surement, c’est l’effet « cocotte-minute »  qu’il va induire… C’est-à-dire qu’on va retenir notre colère… jusqu’à ce qu’on ne puisse plus la retenir et là, on va décharger toute la colère et les frustrations qu’on a accumulées auparavant.

Donc, on n’est bien d’accord qu’aucune de ces deux solutions ne sont applicables sur le long terme…

Comment faire autrement ?

Oui car la bonne nouvelle c’est qu’il y a une troisième possibilité.

Et cette possibilité vient du fait qu’on a raté quelque chose dans le processus de la colère.

On s’est basé sur le fait que le comportement de l’enfant est à l’origine de nos émotions désagréables qui elles-mêmes vont générer des réactions incontrôlées de notre part.

Mais en fait, la colère, est un sentiment qui va être généré par des pensées.

Comportement -> pensées -> émotions -> actions

Des pensées d’un type très particulier, des pensées qui disent que ce qui est en train de se passer ne devrait pas se passer ! Je ne veux pas que quelque chose se passe ! Ce sont des pensées qui vont venir tordre la réalité pour essayer de la faire correspondre à ce qu’on voudrait.

Ça va être des pensées du types : « il devrait, il ne devrait pas, il faudrait ou il ne faudrait pas, il aurait du ou il n’aurait pas dû »

Des pensées qui sont en fait des exigences, qui remettent en cause la réalité.

Tant que j’ai ce type de pensée et que je garde mon attention dessus, je vais bouillir !! Et ma colère va s’entretenir !!

Ça peut être des pensées comme « il ne me respecte pas » sous-entendu (il devrait me respecter), « il se moque de moi » sous-entendu (il ne devrait pas se moquer de moi), je ne me m’en sors pas sous-entendu (je devrais m’en sortir), je ne suis pas une bonne mère, sous-entendu (je devrai être une bonne mère).

En fait, souvent avec nos enfants, une des pensées qui va être sous-jacente aux autres c’est une pensée du type « je devrais contrôler cette situation » mais je n’y arrive pas, et du coup je me sens impuissant !

Alors, ce que je peux vous dire, c’est qu’on n’a pas la main sur les pensées qui arrivent face au comportement de nos enfants. Elles sont automatiques, elles viennent de nos conditionnements donc c’est de la perte d’énergie de lutter pour ne pas les avoir.

Mais, ce sont elles qui vont créer notre sentiment de colère.

Donc concrètement comment on fait ?

4 étapes pour modifier nos pensées et donc la réaction en chaine qui va avec c’est-à-dire transformer aussi nos émotions et nos actions.

Étape 1 : Repérer les pensées qui déclenchent notre colère

C’est au moment où on repère qu’on a ce type de pensée « il devrait, il ne devrait pas, il faudrait ou il ne faudrait pas, il aurait dû ou il n’aurait pas dû », qu’on va pouvoir agir.

Quand on les détecte, on va pouvoir choisir si on continue à se focaliser sur elles ou si on choisit de prendre la responsabilité de nos pensées et de nos émotions ?

L’idée, ça va être de prendre notre responsabilité et de choisir de mettre notre attention sur ce qu’on peut contrôler.

Et ce que je peux contrôler c’est :

  • Ma façon de voir la situation (mes pensées)
  • La façon dont je me sens (mes émotions)
  • La façon dont j’agis ou réagis (mes actions)

Par définition, nos enfants, on ne peut pas les contrôler ! Ce sont des personnes à part entière qui ont leurs idées, leurs pensées, leurs émotions et qui ont envie de faire des choses.

Ce qu’on peut faire c’est encadrer leur comportement en fixant des limites et établir des conséquences. Et pour cela c’est beaucoup efficace de le faire lorsqu’on est calme !

Maintenant qu’on sait précisément quelles sont les pensées qui déclenchent notre colère, et qu’on sait facilement les repérer : on va pouvoir passer à l’étape 2.

Étape 2 : accueillir notre émotion

L’étape 2, ça va être d’accueillir nos émotions, car l’idée, ce n’est pas de faire comme si elles n’existaient pas, au risque de vivre à nouveau l’effet cocotte minute !

Pour accueillir notre émotion, on va pouvoir se relier à nos pensées « il devrait, il ne devrait pas » et voir ce qu’il se passe pour nous, quand la situation ne se passe pas comme on le souhaiterait.

Souvent on va remarquer qu’il y a une émotion cachée derrière la colère, et souvent cela va être de déception, d’impuissance, de la peur, et de la tristesse.

Une fois qu’on a identifié cette émotion, on va pouvoir prendre un temps pour la ressentir car il ne s’agit pas de l’éviter ou de la chasser. Et il y a des chances pour que la colère s’apaise peu à peu

Et à ce moment-là, on va pouvoir se relier à notre intention.

Étape 3 : je me relie à mon intention

Et à ce moment-là, on va pouvoir se poser cette question :

Qu’est-ce que j’ai envie de vivre dans cette relation, au-delà de cette situation de conflit ?

Si la réponse, c’est de vivre de la bienveillance, de la compréhension… alors cela nous aider à prendre du recul et on va pouvoir choisir de penser autrement.

Car comme je vous le disais si je veux me sentir différemment (calme), je dois avoir une pensée différente (= qui génère une émotion calme)

Étape 4 : je choisis de penser autrement

Je peux choisir de penser :

  • Ce n’est pas évident pour mon enfant de faire telle ou telle action.
  • C’est mon rôle de fixer des règles.
  • Ça finira bien par lui passer
  • Les enfants sont tout le temps en train de jouer !

Ces pensées généreront des émotions beaucoup plus utiles que la colère :

  • Compréhension 
  • Acceptation
  • Détermination
  • Confiance 

Et si j’aborde le comportement de mon enfant avec compréhension, acceptation, détermination, confiance, qu’elle pourra être ma réaction ?

J’ai confiance dans le fait que guidés par des émotions positives, on aura un comportement qui sera juste pour nous et nos enfants et en accord avec le parent que vous voulez être !

En bref,

Ce cheminement vous semble peut-être fastidieux. Vous pouvez déjà agir sur vos pensées en vous disant que « c’est simple à en œuvre ! »

Voici ce que ça pourrait donner dans la réalité :

Je demande quelque chose à mon fils et il ne réagit pas car il est en train de jouer.

Étape 1 : je repère mes pensées « il ne m’écoute jamais (= il devrait m’écouter), il ne me respecte pas (=il devrait me respecter), c’est toujours pareil (= ça devrait changer)

Étape 2 : j’accueille mes sentiments, je ressens de l’impuissance et du découragement, je ne sais plus quoi faire pour qu’il m’écoute.

Étape 3 : qu’est ce que je veux pour notre relation ? De la bienveillance, de l’amour, de la compréhension

Étape 4 : je choisis de penser autrement : peut-être qu’il ne m’a pas entendu ? Comment est-ce que je pourrais capter son attention ?

Étape 5 : j’agis différemment : au lieu de répéter ou de crier, je vais m’approcher de lui, lui poser une question sur son jeu par exemple puis une fois qu’il m’écoute, réitérer ma première demande.

En fait, cela peut sembler compliqué parce que je vous ai tout détaillé mais ça peut aller très vite, d’ailleurs, dans la vraie vie, ça se passe souvent très rapidement.

  • Ça va être : (1) ça n’énerve, il devrait m’écouter -> (2) quand il fait ça, je me sens découragée -> (3) mais dans notre relation j’ai envie de compréhension -> (4) ok, peut-être qu’il ne m’a pas entendue… -> (5) je vais capter son attention dans le calme.

Ensuite, il ne s’agit pas de culpabiliser si on n’y arrive pas à le faire, ou pas du premier coup, car nos schémas de pensées et nos façons de faire sont ancrées depuis longtemps, donc les changer peut parfois demander un peu de temps.

Et il a aussi des situations où on n’aura pas le temps ou les moyens de prendre le contrôle sur nos pensées et dans lesquelles on va déborder ! C’est évident !

Le but n’est pas de plus jamais être en colère et l’essentiel est de garder en tête ce qu’on a envie de vivre avec nos enfants.

Cette intention, nous permettra aussi de revenir vers eux, le jour où on a explosé, pour leur expliquer ce qui s’est passé et éventuellement s’excuser d’avoir eu un comportement qu’on aurait préféré éviter.

Tout ce que je vous ai partagé là, c’est surtout pour vous montrer ce qu’il est possible de faire et de vous montrer qu’on peut faire autrement que s’énerver ou se contenir jusqu’à exploser 😊

J’espère que cela pourra vous servir, n’hésitez pas à me faire des retours.

Je vous dis à très bientôt.


Crédit photo : Andrea Piacquadio provenant de Pexels

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